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Voisin - Voisine
(Copyright © Fabien Jacquot)
Atelier du lundi 2002/2003
(Dans un ascenseur en panne)
Lui - J’ai beau analyser la situation, j’arrive au même
résultat.
Elle - Lequel ?
Lui - Je vous aime!
Elle - Ah, Ah, Ah !!!
Lui - Je suis sérieux.
Elle - Ah ?
Lui - Vraiment sérieux.
Elle - Vous n’y pensé pas.
Lui - Pourquoi ?
Elle - Parce que je suis marié et que j’ai trois enfants
!
Lui - C’est pas un handicape.
Elle - Vous êtes fou !
Lui - Non, totalement lucide. La tête étonnement froide.
Elle - Un amour amical?
Lui - Aussi. Je vous aime vraiment. Je me sent bien avec vous. J’ai
envie de vous.
Elle - Mais lâcher moi.
Lui - Je vous ai fait mal.
Elle - Non, mais je ne vous aime pas.
Lui - C’est embêtant.
Elle - Comme vous dites, c’est même facheux!
Lui - Alors, je vous aimerai secrètement.
Elle - Ce n’est plus un secret.
Lui - Vous oublierez vite.
Elle - Comment pourrais-je !
Lui - Moi, je n’arrêterai pas de vous aimez, je vous
attendrai!
Elle - Vous pouvez attendre longtemps.
Lui - Soit!
(Un temps)
Lui - Et là ? toujours pas ?
Elle - Non.
Lui - Même pas un petit peu ?
Elle - Je commence à vous détester.
Lui - C’est bon signe.
Elle - Vous débloquer?!
Lui - C’est vous qui allez vous débloquer. Vous êtes
prisonnières de vos carcans : votre mariage, vos enfants, votre
train-train. Qu’attendez-vous pour vivre votre vie ?
Elle - Qu’en savez-vous de ma vie ? Je suis heureuse, point barre.
Lui - Attendez...
Elle - C’est tout vu !
(Après un instant)
Elle - Quand vous dites que vous m’aimez, quels sont vos sentiments
?
Lui - Vous m’aimez !
Elle - Non, je m’intéresse.
Lui - J’aimes vous croisez dans le couloir et bavarder de
choses et d’autres. J’explose de joie quand je vois se dessiner
un sourire sur votre visage et je fonds quand vos joues laisse délicatement
apparaître deux légères fossettes. J’aime votre
simplicité d’être, votre rire communicatif, votre charme
et...
Elle - C’est touchant.
Lui - Ca commence ?
Elle - Peut-être.
Lui - Je continue alors ?
Elle - Ah ! J’ai senti mon cœur se soulever !
Lui - Fausse alerte. C’est l’ascenseur qui se remet en marche.
Elle - Dommage !
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